Semaine ULaval pour toujours: portrait de Stéphan La Roche, diplômé

16 octobre 2025

Dans le cadre de la Semaine ULaval pour toujours, la Faculté de droit vous propose une série de portraits de juristes qui se sont brillamment illustrés dans leur communauté. Par leur engagement, leur implication et leur initiative, ces diplômées et diplômés continuent d’influencer positivement la société jour après jour. 

Avocat de formation et gestionnaire culturel animé par la conviction que l’art et le droit se rencontrent dans le service du bien commun, Stéphan La Roche a consacré une grande partie de sa carrière à faire rayonner les arts et la culture du Québec, ici comme à l’international. De l’Assemblée nationale au Musée d’art contemporain de Montréal, en passant par le CALQ, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, la Délégation générale du Québec à Paris, le Palais Montcalm et le Musée de la civilisation, son parcours illustre l’audace d’embrasser les virages qui transforment les organisations et les milieux en véritables moteurs de création et de changement.

Aujourd’hui directeur général du Musée d’art contemporain de Montréal, Stéphan La Roche met son expérience et sa vision au service d’une institution en pleine métamorphose. Guidé par la conviction que la culture doit appartenir à toutes et à tous, il œuvre à ouvrir les portes de l’art contemporain, à en démystifier les codes et à en faire un levier de dialogue collectif. Par son parcours, il incarne l’idée que le droit peut mener bien au-delà des tribunaux: vers des espaces où l’audace et la création font avancer la société.

Parlez-nous de votre parcours depuis vos études en droit à l’Université Laval.

Après mon baccalauréat en droit et mon Barreau, j’ai fait mon stage au Secrétariat du Conseil du trésor, à la Direction générale des relations de travail (DGRT). J’y pratiquais surtout le droit du travail : arbitrages de griefs, accidents du travail, maladies professionnelles.

Un déclencheur important a été ma participation au Parlement étudiant pendant mes études. Cette immersion m’a ouvert la porte de l’Assemblée nationale comme assistant parlementaire, puis conseiller juridique auprès d’un vice-président. Par la suite, j’ai rejoint le cabinet du premier ministre et celui de la ministre de la Culture et des Communications.

Là, j’ai découvert un milieu qui m’a séduit: créativité, innovation, audace. J’ai alors choisi d’y inscrire ma carrière: CALQ, SODEC, Délégation du Québec à Paris (directeur des services culturels), Palais Montcalm (transformation majeure de la salle), retour au CALQ, puis Musée de la civilisation et aujourd’hui direction générale du Musée d’art contemporain de Montréal.

Votre cheminement professionnel sort un peu des sentiers battus. Qu’est-ce qui vous a motivé à explorer cette voie?

Mes expériences dans les cabinets politique qui m’ont ensuite entraîné vers le milieu culturel m’ont ouvert un nouvel espace de possibilités. J’ai alors compris que je voulais contribuer au développement culturel québécois mais d’une façon qui m’est propre – non pas comme artiste, mais comme bâtisseur, en aidant les créateurs à donner vie à leurs projets.

Le droit m’a apporté une structure de pensée rigoureuse, une capacité d’analyse et une aisance à anticiper et à convaincre. Ces qualités se sont révélées essentielles pour piloter les grandes transformations que j’ai eu la chance d’accompagner tout au long de ma carrière.

Quels défis particuliers avez-vous rencontrés pendant votre parcours?

Chaque organisation traverse ses moments charnières, et c’est souvent là que j’ai choisi de m’impliquer. Que ce soit au Palais Montcalm, au Musée de la civilisation ou aujourd’hui au Musée d’art contemporain de Montréal, j’ai eu à relever des défis de transformation importants: moderniser, repositionner, redonner de l’élan.

La gestion en période de pandémie au Musée de la civilisation en a été un exemple marquant. Il a fallu mobiliser l’intelligence collective de toute l’équipe pour traverser cette période d’incertitude. Mais je dirais que ce que j’aime avant tout, c’est accompagner une organisation à un moment charnière de son histoire, lui redonner confiance et la faire évoluer. C’est dans ces périodes de transformation que je sens que ma contribution prend tout son sens.

Y a-t-il une réussite dans votre parcours professionnel dont vous êtes particulièrement fier?

Le projet du Palais Montcalm demeure pour moi une grande fierté. Quand je suis arrivé en poste, il n’y avait que la façade d’origine de 1932: tout était à reconstruire. J’ai eu la chance de piloter ce chantier avec des architectes, des ingénieurs et des acousticiens d’exception. Ce fut un projet colossal, mais profondément stimulant. Voir naître cette salle de concert exceptionnelle, aujourd’hui reconnue pour son acoustique remarquable et l’accueil qu’elle offre aux artistes comme au public, reste pour moi une immense satisfaction.

Je suis également fier du travail accompli au Musée de la civilisation. À mon arrivée, l’organisation traversait une période difficile. Avec une équipe engagée et créative, nous avons réussi à redresser la situation, à repositionner le musée autour de l’innovation et à lui redonner un rayonnement fort, ici comme à l’international.

Comment décririez-vous votre contribution à la société dans votre rôle actuel?

Depuis mon arrivée au Musée d’art contemporain de Montréal il y a un an, je m’efforce d’en faire une institution ouverte, inclusive et profondément ancrée dans la société. La première année a été consacrée à écouter, observer et comprendre – les équipes à l’interne, les partenaires, le public.

Le chantier que nous menons actuellement est bien plus qu’une transformation architecturale: c’est une refondation du lien entre l’art et la société. L’art contemporain peut parfois intimider; mon ambition est d’en démocratiser l’accès, de briser les barrières qui le font parfois paraître élitiste, et d’en faire un espace de dialogue et d’ouverture.

Si mon rôle peut contribuer à le rendre plus accessible, à rapprocher les publics et à rappeler que la culture est un bien commun, alors c’est là que réside, pour moi, la plus belle forme de contribution.

Qu’est-ce que votre passage à l’Université Laval a représenté pour vous?

Étant originaire de Québec, le choix de l’Université Laval s’est imposé naturellement. J’avais fait mes études collégiales au Petit Séminaire de Québec (aujourd’hui le Collège François-de-Laval) et plusieurs de mes amis poursuivaient aussi en droit. C’était la continuité logique de mon parcours.

Au-delà des études, ces années à l’université m’ont permis de faire des rencontres marquantes, de tisser des liens d’amitié fort et de développer un grand sentiment d’appartenance à cette université qui continue, encore aujourd’hui, de jouer un rôle important dans mon parcours.

Plus tard, j’y suis revenu comme administrateur, siégeant pendant six ans au conseil d’administration. J’ai également pris part au comité de gouvernance et d’éthique, en plus d’assumer la présidence de la course d’élection au rectorat. Une expérience riche et formatrice, que je recommande à tous ceux et celles qui souhaitent s’impliquer dans la vie universitaire.

Lorsque vous repensez à vos années à la Faculté de droit, y a-t-il un souvenir heureux, une rencontre ou une expérience qui vous a particulièrement marqué et qui a influencé votre parcours?

Comme mentionné précédemment, le Parlement étudiant a été une expérience marquante pendant mes études. J’ai fait partie de la toute première équipe à y participer, à une époque où l’initiative en était encore à ses débuts. Ces simulations parlementaires m’ont appris comment se construit le débat, comment la loi prend vie, et m’ont fait découvrir de l’intérieur le monde politique.

Mais au-delà de ça, ce sont surtout les amitiés qui m’ont marqué. Je garde aussi un excellent souvenir du petit groupe d’amis formé dès la première session. Nous étions cinq, toujours ensemble pour les cours, les études et les travaux. Ces années ont forgé des liens qui demeurent solides encore aujourd’hui.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiantes et étudiants qui souhaitent suivre vos traces?

Je crois qu’il ne faut jamais chercher à suivre exactement les traces de quelqu’un d’autre. Chacun a sa propre voie, son propre rythme. Ce n’est pas toujours simple, bien sûr, mais il faut savoir saisir les occasions, se faire confiance et aller là où l’on se sent à sa place. Quand on s’engage dans un projet qui nous passionne, on s’y consacre pleinement, et c’est souvent ce qui mène à la réussite. Et c’est souvent là, dans ces moments où l’on agit avec plaisir et conviction, que les plus belles opportunités se présentent.

 

Par son parcours, Stéphan La Roche incarne la conviction qu’un esprit ouvert peut transformer chaque expérience en occasion de créer, d’apprendre et de faire rayonner le bien commun.