Semaine ULaval pour toujours: portrait de Ndeye Dieynaba Ndiaye, diplômée de la Faculté de droit
14 octobre 2024
Dans le cadre de la Semaine ULaval pour toujours, la Faculté de droit vous propose une série de portraits de juristes nouvellement diplômés qui se sont brillamment illustrés dans leur communauté. Par leur engagement, leur implication et leur initiative, ces diplômées et diplômés continuent d’influencer positivement la société jour après jour.
Toute sa vie, Ndeye Dieynaba Ndiaye cultive le désir d’être utile à la société. Empreinte de ses valeurs de son pays natal, le Sénégal, elle affirme haut et fort: «si au moins quelqu'un a pu réaliser quelque chose à travers mon soutien, pour moi, c'est déjà extraordinaire».
Son passage à la Faculté de droit de l’Université Laval date maintenant de quelques années, mais il est encore possible de ressentir l’impact de cette doctorante entre les murs du pavillon Charles-De Koninck.
Un parcours d’études atypique
Ndeye Dieynaba Ndiaye a obtenu ses premiers diplômes en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). C’est là qu’elle a développé son intérêt pour l’univers juridique, grâce à un corps professoral dévoué et compétent qui l’a encouragé à poursuivre ses études. Forte de cette solide formation, elle a décidé de continuer son parcours universitaire à la Nantes Université, puis à l’Université de Strasbourg avant de rejoindre l’Université Laval pour réaliser un doctorat en cotutelle.
Son arrivée a été marquée par certains défis, dont la recherche d’un professeur ou d’une professeure pour assurer la codirection de sa thèse. À la veille de la date limite de la demande d’admission, n’ayant toujours pas trouvé, elle pose alors sa candidature pour réaliser un diplôme de deuxième cycle en droits fondamentaux et droits collectifs. Pour Dieynaba, ce pas de recul est loin d’être un échec, puisqu’il lui permet de faire une entrée graduelle à la Faculté et d’apprendre à connaître les membres du corps professoral qui pourront encadrer son projet de recherche. «Cela dépend comment tu vois les choses. Moi, je les vis positivement», affirme-t-elle avec le sourire.
Quelques mois plus tard, Dieynaba rencontre le professeur Olivier Delas dans l’un de ses cours. C’est alors qu’elle discute avec lui et qu’il accepte de codiriger sa thèse. Plusieurs années de recherche suivront ainsi, où elle creusera la question des migrations irrégulières en Europe et des droits fondamentaux des personnes migrantes.
Un engagement exceptionnel
Lors de son parcours, Dieynaba ne s’est pas contentée de suivre ses cours. Elle s’est impliquée dans de nombreux projets, autant à l’échelle facultaire qu’à celle de l’Université Laval. Elle raconte même que ces collègues lui lançaient à la blague: «mais à quel moment de la journée dors-tu?».
La professeure en droit de l’Université du Québec à Montréal a d’abord fait ses premiers pas en enseignement en tant que chargée de cours à l’Université Laval, en droit international du travail et en droit des réfugiés. Elle a aussi été coordonnatrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM), contribuant ainsi à la valorisation de la recherche et à la mise en réseau de cette communauté.
La même année, elle s’implique au Centre de soutien aux étudiantes et étudiants en droit aux cycles supérieurs, un mandat cher à ses yeux qu’elle conservera tout au long de son passage à la Faculté de droit. Ce projet lui permet de développer des outils qui répondent aux besoins des étudiantes et étudiants de l’international. Cette aide par et pour les pairs a contribué indéniablement à la réussite de cette communauté étudiante, autant sur le plan de leur cheminement universitaire que sur celui de leur intégration au sein de la Faculté, de l’Université Laval et du Québec de manière plus large.
Après plusieurs années en tant que coordonnatrice du Centre de soutien, une idée surgit: celle d’un bureau d’accueil, d’intégration et de soutien à la réussite, qui pourrait réunir les communautés étudiantes des trois cycles d’études et qui les accompagneraient tout au long de leur cheminement. Ce projet est reçu avec enthousiasme par la direction facultaire, et c’est en 2019 que le Bureau voit officiellement le jour sous la coordination de Dieynaba.
Cette diplômée s’est également impliquée dans l’Association des parents-étudiants de l’Université Laval (APÉtUL). Mère de trois enfants, Dieynaba s’est sentie personnellement interpellée par cet enjeu. D’abord en tant que secrétaire, puis à titre de présidente de l’APÉtUL, elle a œuvré pour la reconnaissance et le soutien des parents étudiants, en défendant leurs droits et en proposant des mesures d’accommodement. Grâce aux efforts de l’Association, l’Université Laval est devenue la première université au Québec à se doter d’une politique familiale à l’automne 2019. Cette politique accorde officiellement un statut particulier aux parents étudiants et ouvre la porte à des réponses concrètes aux parents étudiants dans les universités et les collèges du Québec.
«On est d'abord parent avant d'être étudiant», affirme Dieynaba. «Je ne peux pas vous dire le sentiment que j'ai eu quand la politique a été adoptée. C'était extraordinaire, on était reconnu comme groupe […] On avait juste besoin d'avoir des conditions en place pour pouvoir avoir notre petit bébé ET pouvoir faire notre baccalauréat en droit pour devenir avocate plus tard», nomme-t-elle en exemple. Son parcours serait probablement très différent sans ses enfants, soutient Dieynaba: «La conciliation famille-études-travail est difficile et comporte des réalités complexes, mais elle apporte tellement de bonheur et de fierté dans la réalisation de nos objectifs personnels et professionnels.»
Être utile à la société
Au cours de l’entretien, Dieynaba répète que son parcours n’aurait jamais pu être le même sans l’aide des autres. Tout ça, elle «ne [l’a] pas fait toute seule, et c’est ça qui est important». Les personnes autour d’elle, son environnement et l’éducation reçue dans son pays natal, le Sénégal, et son pays d’adoption, le Canada, sont tous des aspects fondamentaux de sa personne. Le soutien inébranlable de sa famille et de ses proches lui a permis de passer à travers tous les défis.
C’est aussi ce qu’elle retient de la Faculté de droit. Chaque fois qu’elle avait un nouveau projet sur la table, la confiance, le respect et l’enthousiasme régnaient à bord de l’équipe. Elle s’y est sentie chez soi: «c'était, à la limite, comme si j'étais membre du personnel administratif!». L’expérience de Dieynaba à la Faculté de droit a influencé son parcours de manière positive, mais elle va au-delà de ça: son expérience lui a aussi permis d’influencer positivement le parcours des autres étudiantes et étudiants, et c’est ce qui la rend si fière de son cheminement.
Après tout, elle a eu l’occasion de se sentir utile à bien plus d’un égard.