Repenser le droit pour laisser la place aux traditions juridiques autochtones
8 septembre 2025
Les 20 et 21 août 2025, la Chaire de leadership en enseignement René-Dussault sur l’inclusion des traditions autochtones dans les programmes de formation en droit (CLEITA) a tenu son premier grand événement à l’Hôtel-Musée Premières Nations situé à Wendake.
Ce colloque, intitulé Parole aux Premiers Peuples. Ensemble pour une décolonisation des pratiques et une autochtonisation du droit, a réuni des voix autochtones, universitaires, étudiantes et alliées autour d’un objectif commun: faire une véritable place aux traditions juridiques autochtones dans l’enseignement du droit et réfléchir collectivement aux voies possibles de décolonisation des pratiques institutionnelles et d’autochtonisation de la formation juridique.
Des cercles de partage et des ateliers pour transformer l’enseignement du droit
Pendant une journée et demie, les participantes et participants ont pris part à des cercles de partage, à des récits, à des ateliers, mais aussi à des expériences artistiques et musicales. La programmation proposait des moments de réflexion autour de trois grands axes :
- Déconstruction, décolonisation et déstructuration? Sur les traces de Kuekuatsheu: un regard critique et pluriel sur le sens de la décolonisation dans le contexte des facultés de droit;
- Les Premiers Peuples et l’expérience universitaire: repenser la création d’espaces académiques inclusifs et ancrés dans les savoirs et les réalités autochtones, notamment par des ateliers consacrés à l’enseignement et à la recherche en droit;
- Au diapason avec les communautés: la diffusion concrète des savoirs et des enjeux autochtones: explorer comment reconnaître et transmettre les savoirs autochtones dans le monde universitaire.
Un appel à la transformation des institutions
Organisé sous la direction de la professeure Kathy Bellefleur, ce premier colloque de la CLEITA a constitué un appel vibrant à la transformation des facultés de droit et, plus largement, des institutions d’enseignement. Il a mis en lumière l’importance de créer des espaces de réflexion ouverts et respectueux, où les traditions juridiques autochtones trouvent toute leur place.
En donnant la parole aux Premiers Peuples, l’événement a permis de tracer les contours d’une éducation et d’une formation plus inclusives, en réaffirmant que décoloniser, c’est aussi réimaginer la rencontre entre différents univers normatifs.
La Faculté de droit remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont pris part à ce rendez-vous et qui, par leurs idées, leur engagement et leur présence, ont contribué à faire de ce colloque une réussite porteuse d’avenir.
En plus de la Faculté de droit de l’Université Laval, ce colloque a reçu le soutien de nombreux partenaires tels que la Commission du droit du Canada, la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment, le Laboratoire Autodéterminations / Gouvernementalités et ontologies politiques extractives (LAGOPEDE), la Chaire de recherche du Canada en droit des biens transsystémique et communautés durables, le cabinet Dionne Schulze, l’Institut Tshakapesh et le Conseil de la Nation innue de Nutashkuan.