Portrait du mois de septembre: Véronique Breton, doctorante
26 septembre 2024
Véronique Breton est déterminée à faire une différence. Interpellée dès son jeune âge par l’actualité mondiale et subjuguée devant les situations de discrimination et les inégalités humaines, notre doctorante n’avait toutefois pas de parcours d’études clairement défini. Elle a longtemps envié les gens pour qui c’était très clair dès le secondaire ou le cégep. Toutefois, elle savait qu’elle voulait faire une différence et se sentir à sa place.
De la science politique au droit
Native de Sainte-Foy, Véronique Breton a d’abord fait son entrée par le baccalauréat en science politique offert par l’Université Laval, au sein duquel elle est rapidement attirée par tout ce qui concerne les relations internationales, les théories, les politiques et les conflits. Dans le cadre de son parcours, Véronique a pu faire un stage d’aide humanitaire au Cameroun qui lui a permis de travailler avec les communautés locales, afin de faire de la prévention au sujet du VIH/SIDA et des droits humains. Une expérience fort enrichissante où elle a pu contribuer à sa manière dans la vie des gens et vivre le quotidien des communautés.
Parallèlement à ses études, Véronique Breton a travaillé de nombreuses années dans un centre sportif de la ville de Québec. Son habitude d’apporter ses livres universitaires pour bouquiner sur place a suscité plusieurs discussions avec la clientèle régulière. Certaines de ces discussions ont d’ailleurs exercé une influence inéluctable sur la poursuite de ses études à la maîtrise en droit. Notamment des échanges avec un ancien bâtonnier du Québec qui l’a fortement encouragé à poursuivre ses études dans le domaine juridique! Il a par ailleurs soutenu sa candidature et elle lui en est toujours aussi reconnaissante.
Un parcours scolaire inspiré par la justice
La maîtrise en droit international et transnational a été le choix de Véronique Breton. Sur la base de ses intérêts de recherche (partagés entre le droit international public, les droits de la personne, le droit des peuples autochtones et les droits de l'homme), elle a choisi d’être supervisée par la professeure Geneviève Motard qui enseigne le droit constitutionnel et les droits des peuples autochtones à la Faculté depuis 2009. Le titre de son essai est: «La face cachée d’une obligation d’enquête: les filles et les femmes autochtones assassinées ou disparues». Véronique a d’ailleurs préparé une conférence sur ce sujet qu’elle a présentée lors du 86e Congrès de l'Acfas tenu à l’Université de Chicoutimi en mai 2018.
Côté honneurs, récompenses et «autres», Véronique Breton a obtenu avec distinction en 2015 un diplôme de l’Institute of International Relations de Clingendael aux Pays-Bas pour avoir réussi la «Formation et symposium de La Haye sur la justice internationale et les transitions post-conflit à l'International». En 2016, lors du Concours de plaidoirie international Charles-Rousseau, Véronique s’est classée au 3e rang lors des épreuves finales de plaidoiries et a obtenu la 3e place pour le meilleur mémoire écrit. Plus récemment, elle a été récipiendaire en 2020 du prix «Meilleur article juridique» de la Fondation du Barreau du Québec. Elle a d’ailleurs été invitée à donner une présentation de ses recherches lors de la Conférence des gouverneurs de la Fondation du Barreau en 2021.
L’art de concilier travail, études et sport
Véronique Breton s’est dirigée aux études doctorales en droit sans l’avoir planifié. C'est une note laissée dans le formulaire de notation par l’un des correcteurs de son essai de maîtrise, monsieur J. Maurice Arbour (coauteur de deux ouvrages de référence prépondérants en droit: Droit international public et Droit international de l’environnement publiés aux Éditions Yvon Blais), qui a provoqué chez Véronique une détermination inébranlable à faire une différence significative dans le monde juridique en poursuivant des études doctorales.
Véronique Breton peut sans doute être qualifiée de travailleuse assidue, et ce, que ce soit dans ses fonctions professionnelles, dans ses études ou dans les sports. L’obtention de bourses de réussite à la maîtrise et au doctorat peut en témoigner. Mais pour se donner l’occasion de performer à tous les niveaux, Véronique s’est inscrite au doctorat à temps partiel et occupe un emploi à temps plein à Revenu Québec en tant qu’auditrice interne. Le quotidien de notre doctorante en droit est orchestré grâce à sa discipline naturelle.
En 2019, Véronique Breton publie un article dans Les Cahiers de droit intitulé «Le Canada et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes: une obligation d’enquête». En 2020 et 2021, elle collabore à la présentation de deux mémoires devant d’importantes commissions.
Le premier, présenté à la Commission des relations avec les citoyens à l’Assemblée nationale du Québec, portait sur le projet de loi n° 79: Loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement. Véronique était en compagnie de l’actuelle sénatrice Michèle Audette et de sa directrice Geneviève Motard lors de la présentation.
Le second mémoire, intitulé Droits de l’enfant et autodétermination des peuples autochtones: aperçu des compétences législatives du Québec, a été présenté pour sa part devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, en collaboration avec Geneviève Motard.
Bien que les travaux de recherche doctorale de Véronique soient déjà bien entamés, elle n’a pas arrêté définitivement le choix du titre de sa thèse. Elle mentionne toutefois que la Loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement (RLRQ, chapitre C-37.4) sera abordée, de même que le concept de justice transitionnelle.
Équilibre et détermination: le chemin de Véronique
Après avoir délaissé la majorité de ses activités sportives lors de sa maîtrise afin de s’y consacrer pleinement, Véronique a rapidement compris qu’elle avait besoin de bouger pour maintenir un équilibre de vie saine. Depuis près de quatre ans, elle s’adonne à des entraînements et des compétitions de bateau-dragon. Une décision qui, en passant, cadre parfaitement avec les saines habitudes de vie recommandées par l’Université Laval! (Mon équilibre ULaval)
Il était important pour Véronique d’insister sur le fait que le cheminement aux études supérieures n’est pas obligatoirement linéaire et tout planifié. Bien que de jongler entre le travail à temps plein et des études au doctorat ne soit pas chose facile, rien n’est impossible. Une bonne planification est évidemment nécessaire et le soutien de sa famille et de ses proches permet de passer au-delà de moments plus difficiles.
Pour terminer, mentionnons que Véronique Breton est membre de la Société québécoise de droit international (SQDI), du Réseau francophone de droit international (RFDI) de l’Acfas et du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA).
L’Équipe des communications tient à remercier Véronique Breton pour le temps précieux qu’elle nous a accordé dans le cadre de notre entrevue.