Portrait du mois de septembre: Guillaume Provencher, doctorant
8 septembre 2025
De l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe à l’Université Laval, en passant par l’Université Paris II Panthéon-Assas, l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Sud Toulon-Var, Guillaume Provencher poursuit son cheminement postsecondaire avec une curiosité toujours renouvelée et un désir constant de vouloir comprendre le monde qu’il habite et qui l’habite.
Après avoir terminé une technique en gestion et exploitation d’une entreprise agricole au collégial, Guillaume amorce en 2001 son parcours universitaire à la Faculté de droit de l’Université Laval. N’est-il pas encore tout à fait arrivé qu’il s’informe, dès la première semaine de classe, sur la façon dont il pourrait aller étudier à l’étranger dans le cadre de son baccalauréat.
«À l’époque, il n’existait pas de programme d’échange comme aujourd’hui, alors j’ai dû me créer un programme CRÉPUQ sur mesure et je suis partie étudier un an à l’Université Paris II pendant ma deuxième année de bac. Je suis parti avec seulement ma valise et ma lettre d’acceptation, pas de logement et pas de contact.»
Entre droit et communication
De retour à Québec après une année marquée par la découverte et des rencontres exceptionnelles, Guillaume complète son baccalauréat en droit en 2004. À sa dernière session, il demande au professeur Bjarne Melkevik, qui lui avait déjà enseigné dans le cadre d’un cours de Philosophie du droit, de le guider dans le cadre du cours de Recherche dirigée. La rencontre sera déterminante pour Guillaume, qui prend plaisir à regarder le droit dans une perspective à la fois nouvelle et stimulante.
Plutôt que d’entrer à l’École du Barreau, comme la plupart des collègues de sa cohorte, Guillaume débute, à l’automne 2004, une maîtrise en communication à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
«J’ai vraiment tout aimé de la maîtrise. J’avais de la liberté, j’avais du temps. Je découvrais la communication avec plaisir. Je faisais des liens avec le droit. J’ai eu des directeurs qui m’ont laissé aller et je me suis bien amusé.»
Nostalgique de son année passée à Paris et désireux d’y retourner, il conçoit alors un projet d’entretiens auprès d’auteurs phares de sa recherche. Il obtient une bourse pour ce projet et s’envole de nouveau pour la France au printemps 2005. Les échanges qu’il a alors, notamment avec Tzvetan Todorov et Lucien Sfez, nourrissent sa réflexion et incidemment son mémoire, qu’il dépose en 2007.
Son mémoire de maîtrise, pour lequel il reçoit la mention d’excellence, trouve éventuellement un écho en 2013, dans une version abondamment bonifiée, avec la publication de Droit et communication: Liaisons constatées. L’ouvrage met en lumière la richesse du dialogue entre le droit et la communication et avance l’idée de la nécessité de devoir parler de l’un lorsque l’on parle de l’autre. Ce livre lui vaut le Prix Étudiants-chercheurs étoiles du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) la même année.
En 2006, alors qu’il n’a pas encore terminé sa maîtrise et par un concours de circonstances, Guillaume amorce la formation professionnelle du Barreau en parallèle à ses études de deuxième cycle. Il réussit avec succès ses examens la même année, puis en 2008, après sa maîtrise, il complète son stage du Barreau à la Commission des normes du travail – aujourd’hui connue sous le nom de Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Guillaume est membre du Barreau du Québec depuis 2008.
Bousculé par les aléas de la vie, il entreprend quand même en 2009, mais au ralenti, un doctorat en droit à l’Université Laval sous la direction du professeur Bjarne Melkevik. Reprenant le fil rouge de son mémoire et de son livre, il se lance dans une étude juridicommunicationnelle du procès et s’attarde particulièrement au rôle de l’avocat.
En 2011, souhaitant donner un second souffle à son projet doctoral, il met en place une convention de cotutelle avec l’Université du Sud Toulon-Var et obtient une bourse du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FQRNT), dans le cadre du programme Frontenac, qui soutient la mobilité internationale. C’est un retour en France pour Guillaume. De 2013 à 2015, il effectuera plusieurs séjours à Toulon et à Paris et collaborera étroitement avec le professeur Pascal Richard.
«Le doctorat, c’est un marathon. Il y a des hauts et des bas. Il y a des moments «tough» et d’autres où on se sent plus léger. La ligne d’arrivée est toujours la même, mais le rythme et le parcours des coureurs est unique à chacun. Le mien, mon parcours, il s’est fait d’arrêts, de reprises, d’imprévus et de détours. Il n’est pas parfait, il y a des choses que je ne referais pas de la même façon, mais c’est le mien.»
Guillaume travaille actuellement comme avocat au sein d’un OBNL. Il a réduit récemment ses heures afin de pouvoir se concentrer à la finalisation de sa thèse. S’il tient encore à aller au bout de son projet de doctorat, ce n’est plus tellement pour le CV, que pour lui, nous dit-il. «Ma thèse est pertinente et j’en retirerai un bénéfice, j’en suis certain, mais pour que ça arrive, il me faut d’abord la terminer», conclut-il.
Au-delà du travail et de la rédaction, Guillaume reste «groundé». Il préserve son équilibre en écoutant beaucoup de musique, en fréquentant les salles de spectacles, les théâtres, l’opéra et les cinémas. Guillaume est un adepte de vélo l’été et troque les roues pour les skis pendant l’hiver.
L’équipe des communications tient à remercier Guillaume Provencher d’avoir pris le temps de nous partager son parcours avec autant de générosité et d’authenticité!